Les effets de la régulation du commerce en Suisse

On ne joue pas avec la nourriture !

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La nourriture est un des besoins fondamentaux des êtres humains. Il n’est donc pas possible de la considérer comme n’importe quel autre bien. Nous avons la responsabilité d’encadrer son commerce, d’éviter le gaspillage et les transports inutiles. La souveraineté alimentaire fait du commerce équitable la norme et non l’exception.

Ce n’est pas une marchandise mais un besoin vital

Les effets de la régulation du commerce en Suisse

La frontière est un instrument utile pour encadrer le commerce et limiter ses effets négatifs sur notre agriculture et notre alimentation

Si aucune règle n’est fixée au commerce de notre nourriture, les conséquences peuvent être catastrophiques :
— L’économieestorientéeversl’exportation,cequi
occasionne une dépendance au marché mondial
et la perte de l’autosuffisance.
—  Lesproducteur·trice·ssontincité·e·sàproduire 
de grandes quantités pour l’exportation, avec pour conséquence de faire baisser les prix tant en Suisse qu’à l’étranger. 

—  Le marché libre (appelé libre-échange) ne garantit pas une alimentation pour tout le monde, car le pouvoir d’achat est déterminant : si les gens n’ont pas d’argent, ils ne peuvent pas se nourrir. 

—  Les crises alimentaires se multiplient, comme en 2008. Elles montrent clairement que les pays ont besoin d’un approvisionnement local et d’une agriculture paysanne forte. 

—  La libéralisation du commerce peut affecter l’agriculture d’un pays ou de régions entières, avec des conséquences sur la pauvreté, la sécurité alimentaire et l’environnement, particulièrement dans les pays du Sud et de l’Est de notre planète. 
En Suisse, les outils de régulation douanière sont peu utilisés. Nous trouvons sur les étals de nos supermarchés des fraises ou des tomates importées du Sud de l’Europe ou des asperges du Pérou qui sont produites dans de mauvaises conditions sociales et écologiques, en plus de mettre en péril nos filières locales. Une taxation saisonnière sur ces produits apporterait une solution adéquate. Sans pour autant signifier une fermeture ou une absence d’échanges entre les régions et les pays.
Huile de palme, de colza ou de
tournesol ?
L’huile de palme est au cœur d’un projet d’accord de libre-échange entre la Suisse et l’Indonésie. Aujourd’hui, 30 000 à 40 000 tonnes d’huile de palme sont importées chaque année en Suisse dont 5000 t que l’on retrouve dans les concentrés pour animaux. Eh oui, l’huile de palme est vraiment partout… Pourtant, nous avons de l’huile de colza et du beurre suisses, et d’autres fourrages à disposition, bien meilleurs d’un point de vue environnemental et nutritionnel. Un accord de libre-échange qui empêcherait la taxation sur l’huile de palme indonésienne aurait un impact négatif sur la production suisse d’huiles de tournesol et de colza : celle-ci chuterait radicalement.
La souveraineté alimentaire assure la sécurité alimentaire mais, surtout, elle permet à la population de décider de ce qu’elle veut manger, comment la nourriture doit être produite et dans quelles conditions. Cette démarche profondément solidaire contribue à surmonter les défis mondiaux, en faisant du commerce équitable la norme et non l’exception.

LEXIQUE

Sécurité alimentaire: chaque être humain à le droit d’accéder une nourriture suffisante, saine et adéquate. Il s’agit d’un droit fondamental reconnu par les Nations Unies.